Smell like teen spirit / Cassagne et Pequignot
Objet
Cassagne, Chloé | Péquignot, Pierre-Marie
La résidence de Chloé Cassagne et Pierre-Marie Péquignot au collège de Prayssac en 2010, s'est développée autour de la question de l'identité de l'élève, et la fabrication par chaque adolescent de ses propres codes de représentation. Ce travail, nourri à la fois des expériences des artistes et des préoccupations quotidiennes des élèves, a donné lieu à une série 16 photographies sur assiette. Les images aux couleurs vives et aux formes dynamiques, résonnent comme la mise en scène des passe-temps, des activités favorites et des goûts personnels de chaque élève, dans un environnement de signes et d'objets qu'il s'est lui-même constitué. Objets fonctionnels mais aussi ornementaux, ces assiettes « customisées » suivront ensuite leur propre existence, celle que leur offrira l'élève au sein de son lieu de vie quotidien. Situées au croisement entre la conservation d'une mémoire individuelle et les projections d'une jeune génération en quête d'identité sociale, elles tissent les liens entre la création artistique contemporaine et les traditions populaires. Une oeuvre collective, à la fois fantaisiste et profonde, à faire entrer dans le patrimoine familial.
- Technique
- Objet
- Description
- Sérigraphie sur assiette ; 20 cm de diamètre
- Tirage
- Série de 16 assiettes, exemplaire 1/3
- Editeur
- Production Artothèque du Lot. Cahors
- Date d'édition
- 2010
- Date d'entrée dans la collection
- 2010
- Droits à l'image
- © Chloé Cassagne et Pierre-Marie Péquignot
- Note sur l'artiste
- Chloé Cassagne crée sur toutes sortes de supports depuis son enfance : entre nostalgie et soif d'innovation, elle développe un travail de réminiscence et de réactualisation des souvenirs, utilisant conjointement la peinture, la photographie, la vidéo et l'installation. Sa démarche réside dans l'ambiguïté du passage à l'âge adulte. Ses dessins, qu'elle appelle ses « sottises », sont le point de départ de toute réalisation. Un trait fragile, parfois enivré, voire hystérique, trace les contours d'un univers onirique où chaque élément semble esseulé, comme dans l'attente d'un souffle, d'une aspiration. Puisant dans la mémoire individuelle et collective, l'artiste assemble des images comme une mosaïque, les détourne, non sans rappeler les dessins de Jean-Michel Alberola mélangeant pêle-mêle l'histoire de la peinture et de la pensée occidentale, des figures emblématiques et populaires, des sentences et des aphorismes récurrents. Derrière un questionnement sur les paysages et sur les exploitations matérielles ou symboliques par lesquelles les hommes les ont peu à peu fabriqués, le travail de Pierre-Marie Péquignot s'affirme comme un processus de recherche permanente du matériau idéal. Appliquée à la position personnelle qu'occupe l'artiste dans les rapports entre nature et culture, s'engage une réflexion sur la sculpture autant que sur l'image, et sur les utopies artistiques autant que quotidiennes. Tester concrètement la densité des corps et des matières revient à tenter de se frayer des chemins possibles vers les utopies, ou plutôt à sonder ce que Michel Foucauld distingue comme des « hétéropies », ces non-lieux qui se localisent à l'intérieur même de nos espaces sociaux collectifs.